À Mont-Saint-Aignan, l’association de protection de la ferme des Bouillons persiste et signe (Paris Normandie, 3 septembre 2015)

Les Bouillons négocient avec la préfecture, devant la ferme

Le quotidien Paris Normandie était présent lors de l’imbroglio devant la ferme des Bouillons entre notre association, l’huissière et le directeur de cabinet du préfet. Nous devions récupérer notre matériel présent sur place, mais avons refusé d’entamer les opérations avant de nous voir remettre l’avis d’expulsion, que nous n’avons à ce jour toujours pas reçu.

À Mont-Saint-Aignan, l’association de protection de la ferme des Bouillons persiste et signe

Publié le 03/09/2015 à 23H07

Société. L’association de protection de la ferme souhaite récupérer le matériel sur place, mais avant tout, obtenir le PV d’expulsion.

Ferme des Bouillons préfecture avis d expulsion septembre 2015. Photo : Paris NormandieCe devait être une journée de boulot, ç’aura été un après-midi d’âpres négociations. Vers 14 h, une trentaine de membres et sympathisants de l’association de protection de la ferme des Bouillons, se réunissent dans le chemin communal qui donne accès au site dont ils ont été expulsés le 19 août dernier, après deux ans et demi d’occupation.

Il est convenu avec le cabinet du préfet qu’ils auront l’après-midi pour récupérer leur matériel, parmi les plus importants : la serre, l’éolienne et les livres. Sauf que… « Nous ne ferons rien tant que l’huissier ne nous aura pas donné copie du procès-verbal d’expulsion », indique Philippe Vue, l’un des porte-parole du mouvement.

Plus de 10 000 € levés en 48 h pour un chapiteauFerme des Bouillons préfecture avis d expulsion 03 septembre 2015. Photo : Paris Normandie

Une question de principe mais pas que. « Nous en avons besoin pour licencier notre salarié [le maraîcher Anthony] et résilier les contrats d’assurance, d’électricité, etc. » Un autre argument semble en jeu, une raison juridique, sans que Philippe Vue ne veuille s’étendre sur le sujet.

Un bras de fer s’engage entre Jean-Marc Magda, directeur de cabinet du préfet, dépêché sur place pour gérer les négociations avec l’huissier. Vers 15 h 30, il lance un ultimatum : « Si vous ne commencez pas à récupérer votre matériel dans les cinq minutes, après ce sera fini, il faudra attendre la fin des procédures juridiques », sous-entendu de nombreux mois.ferme des Bouillons Magda préfecture septembre 2015. Photo : Paris Normandie

Parmi les défenseurs des Bouillons, le débat s’engage : doit-on privilégier de récupérer les affaires ou poursuivre le bras de fer pour récupérer le PV au risque de ne jamais revoir le matériel… La deuxième option emporte une très large majorité.

Au fil des heures, il est demandé à l’association d’écrire un courrier à Immochan, le propriétaire de la ferme pour avoir son accord sur le PV. Les bénévoles s’exécutent en quelques minutes. « Immochan nous a répondu que cela se réglerait entre avocats. » Fin de l’histoire, les forces de l’ordre et les bénévoles lèvent progressivement le camp.

En fin de journée, l’association affirmait vouloir déposer deux plaintes. « Une pour vol de légumes, nos tomates ont disparu, et l’autre à propos des feux que font tous les jours les Mégard [acquéreur de la ferme auprès d’Immochan], c’est interdit par le code de l’environnement. »

La lutte est donc loin d’être finie pour les Bouillons, une souscription a recueilli plus de 10 000 € en 48 heures, ce qui leur a permis d’acheter un chapiteau. Et leur projet de maraîchage bio et espaces d’éducation à l’environnement tient toujours. Reste à trouver la terre.

Source : http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3932216/a-mont-saint-aignan-l-association-de-protection-de-la-ferme-des-bouillons-persiste-et-signe#.VfAEtZdMh5T

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