« A Mont-Saint-Aignan, les Bouillons sont « sous pression » (Paris-Normandie, 29 juillet 2015)

Ferme des bouillons à vendre CA extraordinaire. Photo : Lapin

 

Branle-bas de combat à la ferme des Bouillons. En pleines vacances, les occupants ont dû réagir au quart de tour en apprenant que le propriétaire Immochan avait signé un compromis de vente avec une SCI (société civile immobilière) pour la modique somme de 150 000 €.

Une centaine de sympathisants sont venus aux nouvelles mardi soir et une cinquantaine hier à l’heure du déjeuner, juste après un rendez-vous obtenu à l’arraché par la Confédération paysanne et l’association Terre de Liens dans les locaux de la Safer (société d’aménagement foncier et d’établissement rural).

Combat technique et politique
Le dossier de rachat de ces 4 hectares est désormais entre les mains de cette institution qui, dans sa délégation de service public, a pour mission, notamment, de préempter les terres agricoles pour favoriser l’installation de jeunes exploitants. Pour les défenseurs des Bouillons, « le combat est autant technique que politique ». « Nous avons été écoutés pendant une heure et demie mais on a compris que la Safer était embarrassée car notre projet est quasi semblable », résume Philippe Airaud, porte-parole de l’association. Impossible de savoir (officiellement) qui est cette SCI dont le dossier, semble-t-il « béton », propose « un copier-coller du projet des Bouillons avec maraîchage bio, permaculture, ferme pédagogique… » Rageant !

Quelle parade imaginer pour contrer cette offre alors que le temps (administratif) presse ? « Juridiquement, une terre agricole peut être la propriété d’une SCI », détaille le président de l’association de protection du site, Philippe Vue. « Mais le problème, c’est que d’ici quelque temps, les parts pourraient être vendues à des tiers avec le risque, au final, d’être en contradiction avec l’objectif de la Safer de veiller à la mission d’intérêt général. »

C’est dans les coulisses de la préfecture que l’affaire devrait être discutée durant les prochaines heures.

Les défenseurs des Bouillons font valoir que leur proposition soutenue par la fondation Terre de Liens offrira, elle, toutes les garanties de pérennité d’une activité agricole.

SOPHIE BOGATAY

s.bogatay@presse-normande

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