Anniversaire de la vente des Bouillons : revue de presse (septembre 2016)

scea ferme st aignan face aux militants des Bouillons

A l’occasion du premier anniversaire de la vente de la ferme des Bouillons à la famille Mégard, l’association organisait un pique-nique aux jardins de Repainville, pour tirer un premier bilan de l’activité des frères Mégard.

La journée s’est achevée par une visite aux Bouillons, et un intéressant échange avec l’un des actionnaires de la SCI In Memoriam, Mathieu Mégard, perché sur la barrière qui borde la ferme.
Vous pouvez retrouver ci-dessous les articles parus dans Paris Normandie le 14 septembre et dans Tendance Ouest le 16 septembre 2016.

Seine-Maritime : un an après, les anciens de la ferme des Bouillons y croient encore

Tendance Ouest, 16 septembre

Mercredi 14 septembre 2016, l’association « Bouillons terre d’avenir » s’est réunie sur les terrains maraîchers de Repainville, à Rouen (Seine-Maritime) pour une mise au point, un an après la vente de la Ferme des Bouillons à trois actionnaires. Ces derniers promettaient alors de continuer à faire vivre la ferme. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Tendance Ouest ferme des Bouillons

Photo Tendance Ouest

L’ambiance est à la bonne humeur ce mercredi 14 septembre 2016. Les membres de l’association « Bouillons terre d’avenir », du nom de la ferme situé à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) et reprise par les frères Mégard il y a un an, sont réunis autour de tables installées dans les champs du maraîcher de Repainville à Rouen (Seine-Maritime). Le lieu n’a pas été choisi au hasard. « Le champs des possibles » est un symbole fort pour les bénévoles. Le site a été sauvé par les citoyens, puisqu’un centre commercial était censé s’y construire. Aujourd’hui, les champs sont plein de vie, et un marché a lieu tous les jeudis. Même si la réunion est festive, le cœur n’y est pas vraiment… Pour les bénévoles, le maraîcher de Repainville est l’exemple parfait de ce qu’ils espéraient, il y a un an, comme avenir pour la ferme des Bouillons.

Des promesses à la désillusion

Les membres de l’association avaient pourtant réussi à sauver la ferme des Bouillons de la destruction en 2014. Le lieu avait cependant été vendu à une Société Civile Immobilière et donc à ses gérants : les frères Mégard. Les actionnaires affirmaient alors continuer l’activité de la ferme pour le printemps 2016: cueillette, visites, permaculture, etc. Voilà pourquoi, un an après leur discours, l’association fait le point. La ferme n’a pas ouvert ses portes depuis. Des clôtures entourent désormais le site. Un projet immobilier a même été annoncé. Pour les bénévoles, c’est un coup dur : « La ferme était un haut lieu de la culture à Rouen pendant deux ans et demi, c’est vraiment dommage que cela ne puisse plus exister ».

Le futur de l’association
Malgré toutes leurs déceptions, les bénévoles sont toujours là pour défendre leur ferme. Les activistes mènent également d’autres actions sur Rouen et ses alentours. : « Nous avons lancé un potager urbain sur le square Guillaume-Lion. Nous installons également régulièrement notre chapiteau pour mettre en place des événements dans les fermes aux alentours, pour continuer nos actions culturelles ». Après tout le travail de l’association est loin d’être terminé…Le porte parole insiste sur ce point : « Nous continuons surtout à veiller sur la ferme, la protéger elle, et ce qu’elle représente ».

La réponse des frères Mégard

De son côté, Baptiste Mégard, propriétaire et futur exploitant de la ferme, se défend. Il évoque des démarches administratives qui ont pris un peu plus de temps que prévu, défend la vocation maraîchère de son projet et préfère avancer l’idée de réhabilitation des bâtiments dégradés.

LIRE AUSSI.

Source : http://www.tendanceouest.com/actualite-193342-seine-maritime-un-an-apres-les-anciens-de-la-ferme-des-bouillons-y-croient-encore.html

Association Bouillons terre d’avenir à Mont-Saint-Aignan : « On s’est fait blouser »

Paris Normandie, le 14 septembre

bouillons à repainville Paris Normandie

Photo Paris Normandie

Mobilisation. L’association « Bouillons terre d’avenir », un an après la revente de la ferme, tire un bilan très négatif de la reprise par une SCI.

Ce n’est pas parce qu’il sirote un sirop d’acacia fabriqué en bio à Montmain, que Philippe Vue, porte-parole de l’association de défense de la ferme des Bouillons (devenue Bouillons terres d’avenir) a des propos mielleux. Ce serait même tout le contraire. « Dans cette affaire de la ferme des Bouillons, on s’est fait blouser », clame-t-il.

Bilan complètement négatif

« L’affaire » : en 2012, Immochan fait l’acquisition de ces 4 hectares à Mont-Saint-Aignan. Un collectif est créé pour conserver cette zone de maraîchage, cela devient le rendez-vous de tous les « alter » de Rouen et la ferme est occupée… Expulsion manu militari à l’été 2015 et finalement c’est une SCI qui a l’autorisation de racheter la ferme, il y a un an, sans que la Safer (qui contrôle les ventes agricoles) n’y trouve à redire. Il faut préciser que les repreneurs avancent un projet très vert, avec cueillette à la ferme, permaculture… Les tenants de la ferme des Bouillons première version devraient être heureux ?

« Le bilan est complètement négatif. Ils avaient promis une ouverture au printemps 2016. Rien n’a été fait, si ce n’est qu’une clôture entoure désormais la ferme et la rend inaccessible au public. La Safer s’était engagée auprès du maraîcher précédent pour faciliter sa réimplantation : ça n’a pas bougé ».

Les griefs s’accumulent : l’association a découvert qu’entre l’acte de vente rédigé en 2012 et celui mis en place en 2015, des bâtiments sont devenus des habitations. De quoi alimenter les soupçons de spéculation immobilière, d’autant que désormais c’est un projet de gîte ou de chambres d’hôtes qui semble faire surface. Un intérêt économique aussi, puisque cette ferme, classée en zone naturelle protégée en 2014 à la suite de la mobilisation des Bouillons, a été achetée « 720 000 € en 2012 et revendue 150 000 €, sans que la Safer n’intervienne. C’est vraiment trois maisons à prix d’ami. Aujourd’hui, à notre connaissance, il n’y a aucune activité agricole sur le site ».

Plus largement, l’association est « en vigilance » sur les transactions de terres agricoles en zone urbaine. 10 hectares au cœur de Canteleu, ainsi que 15 hectares à Bonsecours pourraient être menacés par l’urbanisation. « Il est hors de question que notre combat citoyen ait servi à rien », décrète Philippe Vue.

B. M.-C

Source : http://www.tendanceouest.com/actualite-193342-seine-maritime-un-an-apres-les-anciens-de-la-ferme-des-bouillons-y-croient-encore.html

2 commentaires

  • Catherine Weber

    Grand merci et Bravo chers amis bouillonnants
    De tout cœur avec vous !
    J’ai fait un rêve … Plus d’enclosure ! Plus de grilles, les barrières s’ouvrent ! Les frères Mégard reconnaissent qu’ils se sont fourvoyés : ils revendent au prix qu’ils ont acheté -ou approchant- au collectif que nous formons avec nos nombreux soutiens, alors fair-play, puisqu’on a gagné, on leur laisse ré-enfiler leur chemise, et on leur offre un bon café et une mousse.
    Mon souhait : que l’amitié et l’échange sur les parcelles cultivables soient effectifs, l’accueil inconditionnel de ceux et celles, réfugiés, éclopés de toute origine, malmenés par les circonstances de la vie mais ayant leurs talents à développer, et bien sûr l’accueil de ceux et celles qui donnent leurs lumières, leur énergie et leur temps pour que les jardins potagers et les arts s’épanouissent ! Force du Cœur , Humour , Entraide , y croire toujours, Catherine

  • Heureux de lire à la fin de l’article de Paris Normandie que le projet de ZAC ou autre montage immobilier à BONSECOURS n’est pas inconnu des militants de Bouillons Terre d’Avenir !
    Si c’est bien l’endroit auquel je pense, il s’agit de la très belle prairie, avec un ancien corps de ferme à côté de la Basilique, la dernière zone non urbanisée de la commune (hormis les zones boisées), une très grande superficie, l’endroit rêvé pour faire un lotissement… Ce terrain doit avoir une valeur absolument énorme mais ce serait une perte immense pour la commune de l’urbaniser.

    A Canteleu, je crois voir également de quel terrain il s’agit. Un endroit à préserver à tout prix!

    Et quid de la prairie/ferme située à côté du Cimetière de l’Ouest, sur la commune de Mont Saint Aignan, le long de la D86A qui monte à l’Université ? C’est ce terrain qui me semble être celui ayant la plus grande valeur écologique/agricole sur l’agglomération de Rouen. En 2008, on y faisait encore du maraichage, il me semble.

    Félicitations à vous et tout mon soutien depuis l’Est de la France d’un Rouennais exilé.

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