Le délai de préemption pour la Ferme des Bouillons a expiré : citoyens écartés, projet bidon conforté ! (Communiqué de presse de l’APFB, 3 septembre 2015)

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Voici le communiqué de presse envoyé le 3 septembre 2015, suite à la fin du délai de préemption de la ferme par la Safer, qui a expiré le 2 septembre, deux mois après le compromis de vente signé en catimini entre Immochan et la SCI In Memoriam.

Nous organisons une CONFÉRENCE DE PRESSE jeudi 3 septembre à 14h au bout du Chemin des Bouillons, afin d’expliquer notre position vis-à-vis du dysfonctionnement de la Safer et de l’administration dans ce dossier. Nous évoquerons également le devenir de notre association.

Le délai de préemption pour la ferme des Bouillons a expiré :

citoyens écartés, projet bidon conforté !

C’est hier, le 2 septembre, deux mois après la signature du compromis de vente entre Immochan et la SCI In Memoriam, qu’a expiré le délai de préemption légale sur la Ferme des Bouillons.

La SAFER (Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural) n’a pas accepté de prendre ses responsabilités et de respecter sa délégation de service public qui imposait l’analyse des projets de manière transparente et équitable par le comité technique départemental prévu à cet effet par la loi. Malgré l’important soutien populaire dont il bénéficiait, le projet porté par l’Association de Protection de la Ferme des Bouillons n’aura pas bénéficié de ce traitement équitable qu’il demandait ainsi que le Conseil régional de Haute-Normandie et la Métropole Rouen Normandie !

Le processus de vente de la Ferme des Bouillons à la SCI In Memoriam restera dans les esprits comme particulièrement inique et opaque. Les petits arrangements entre Immochan, la préfecture et la FNSEA (syndicat agricole majoritaire) pour mettre hors-jeu une alternative portée par les citoyens auront fait les titres de la presse locale et nationale, sans pour autant parvenir à remettre en cause la détermination des protagonistes à faire rentrer dans le rang les simples citoyens qui avaient osé se mêler de « leurs » affaires.

Notre tort : avoir eu recours à un mode d’action illégal pour faire triompher une cause légitime, à savoir la non démolition d’une ferme, faisant manifestement de nous des pestiférés aux yeux des organisations professionnelles agricoles majoritaires, bien que celles-ci se félicitent désormais de la préservation de la vocation agricole du site… avec un an et demi de retard et sans mention de notre rôle décisif dans cette affaire.

L’amalgame scandaleux entretenu par le président de la SAFER Haute-Normandie, dans des propos rapportés par le quotidien Le Monde daté du 1er septembre « confondant » l’activité potagère des occupants de la ferme et le projet agricole présenté par l’Association de Protection de la Ferme des Bouillons, Terre de Liens et le maraîcher Romain Pavot, est l’illustration de cette volonté de réduire notre mouvement citoyen à « une dizaine de squatteurs chevelus et fainéants ».

Fruit d’une expertise citoyenne riche menée par des acteurs des milieux agricoles et associatifs, et porté pour son versant agricole par un jeune maraîcher expérimenté et bientôt sans terre, notre projet était pourtant autrement plus sérieux que celui porté par la famille de paysagistes, qui s’est ridiculisée dans une vidéo auto-promotionnelle diffusée le jour de l’expulsion. Baptiste Mégard, dont la qualité d’ingénieur agronome est sans cesse mise en avant, a confessé n’avoir aucune expérience en agriculture ni en maraîchage biologique. De plus, la ferme du Bec Helloin, spécialiste reconnu de la permaculture, et citée par Baptiste Mégard, lui interdit maintenant de faire allusion à cette ferme, pour cause d’usurpation.

Contraints et forcés, nous prenons acte de notre éloignement de la Ferme des Bouillons. Nous attendons désormais les explications d’Emmanuel Hyest, lors du Conseil d’Administration exceptionnel de la SAFER du 22 septembre, obtenu grâce à notre mobilisation.

Notre association, avec ses 1 100 adhérents et de nombreux sympathisants, reste toujours active :

– une souscription auprès de nos sympathisants et adhérents de 10 500 € pour l’achat d’un chapiteau de 200 m²  a pu être possible en moins de 72 heures !

– ce samedi 5 septembre de 12h à 21h aura lieu une rencontre à Repainville avec les citoyens, en association avec Alternatiba et l’Association de Protection du site naturel de Repainville ;

– des recours juridiques contre la SAFER sont étudiés par nos avocats.

Aujourd’hui, jeudi 3 septembre 2015 : suite à nos demandes et après accord avec les  autorités, nous retournons à NOTRE ferme des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan, pour récupérer du matériel qui nous appartient, toujours sur place.

Nous vous invitons pour une conférence de presse jeudi 3 septembre à 14 heures au bout du Chemin des Bouillons, afin  de vous expliquer notre position vis-à-vis du dysfonctionnement de la SAFER et de l’administration dans ce dossier. Nous évoquerons aussi le devenir de notre association.

Nous sommes devenus des citoyens sans terres mais pas sans projets !

3 commentaires

  • vincent guy

    Il y a près de 40 ans, des militants » écologistes » et avec le MRJC
    perturbaient certaines scéances de la SAFER pour s’opposer et éviter la
    concentration des terres. donc ne faisons pas confiance à la SAFER

    J’avais déjà posé cette question : quels voies et moyens ,juridiques ou autres,
    mais à titre individuel,les adhérents de l’association peuvent utiliser auprès de la SAFER
    Bon courage et cordialement

  • Jacques Félix

    Je partage pleinement ce communiqué en précisant que notre «tort» n’a pas été seulement de préserver une ferme condamnée à disparaître sous le béton et, surtout au profit de spéculations immobilières qui sont l’objectif du propriétaire vendeur mais aussi, d’avoir joué dans l’honnêteté et la transparence malgré notre occupation illégale confirmée par une ordonnance judiciaire d’expulsion immédiate que le préfet de Seine-Maritime s’était refusé d’appliquer( ?) jusqu’à ce que des « instances supérieurs »l’y obligent. Par contre, le consortium financier n’a pas hésité d’agir en sous main avec la complicité des pouvoirs publics, pour non seulement nous chasser du lieu que nous avions sauvé et pérennisé dans sa vocation première mais interdire toute possibilité pour notre association, soutenue par Terre de liens et la Confédération paysanne, d’acquérir légalement la Ferme. Avons-nous étaient trop naïfs et légalistes en agissant dans la transparence face à l’opinion publique et les médias ? Aurions-nous du, aussi, monter une structure « bidon et fantôme » pour abuser le propriétaire et ainsi obtenir son acquiescement pour l’obtention du lieu pour lequel, d’ailleurs nous avions monté une opération de promesses d’achat ouverte à tous !
    Notre action a été honnête est constructive et la sympathie grandissante de nos concitoyens confirme cette attitude comme notre projet est reconnu et soutenu par les forces progressives de ce pays qui ne veulent plus des magouilles et autres arrangements entre possédants qui non seulement polluent les esprits mais aussi notre sol avec de graves séquelles pour l’avenir… L’espérance, malgré la perte de notre Ferme qui nous tenait tant à cœur, c’est nous ! …

  • le talon de fer avance de pied ferme… aux armes citoyens! (si il y en a encore …suffisamment!)

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