Du monde de la banque à la production de bière, en passant par les Bouillons

brasserie la ptiote

Envie d’un conte de Noël sauce Bouillons ? Découvrez l’histoire de Frédérique Adam, ancienne occupante des Bouillons, qui a créé son activité de micro-brasserie près de Dieppe après avoir quitté son emploi dans le milieu bancaire, partagé par Paris Normandie le 25 décembre.

Banquière à Paris, Frédérique Adam est devenue brasseuse à Dieppe

Publié le 25/12/2015 á 22H57

Reconversion. Il y a deux ans, Frédérique Adam a totalement changé de vie. Aujourd’hui, à côté de Dieppe, elle produit la P’tiote, bière artisanale qui se décline en trois saveurs : blonde, brune et rousse.

Banquière à Paris, Frédérique Adam est devenue brasseuse à Dieppe

Bleu de travail, charlotte vissée sur la tête, après-ski aux pieds… Frédérique Adam est prête pour commencer son brassin. « Je mets l’eau à chauffer avant d’y ajouter l’orge maltée pour l’empâtage », explique la professionnelle en surveillant de près la marmite. Une étape qu’elle réitère presque au quotidien depuis avril, dans les locaux en préfabriqué qu’elle loue à Thibermont. Aujourd’hui, « je fais de la rousse », indique-t-elle.

Il y a deux ans pourtant, rien ne prédestinait cette native de Blois à fabriquer de la bière. Après une maîtrise d’administration et gestion des entreprises à Tours, Frédérique Adam s’installe à Paris et s’occupe de la gestion de patrimoine dans une banque. Au bout de quelques années, « je me suis lassée du boulot comme de la ville, donc j’ai démissionné et déménagé », explique-t-elle. Elle choisit Dieppe comme nouvel havre de paix. « Je connaissais le coin car j’ai de la famille ici mais je n’avais aucune opportunité professionnelle ». Après plusieurs semaines de recherches infructueuses dans sa branche, elle décide de se reconvertir.

« Je m’éclate »

Elle œuvre, d’abord, en tant que bénévole au sein de l’association Culture en brousse, dont le rôle est de promouvoir la culture dans les campagnes. À cette époque, Frédérique vit à la ferme des Bouillons, à Mont-saint-Aignan, et trouve rapidement ses marques dans cette ambiance et ce style de vie bohème. À force de fréquenter les festivals, celle qui a « toujours aimé la bière » prend conscience du pouvoir fédérateur et convivial de cette boisson. En outre, « j’avais envie d’apprendre à faire quelque chose de mes mains donc produire de la bière ne me paraissait pas mal ! ». Un peu hésitante au départ à l’idée de se lancer seule dans cette aventure, ses craintes se sont vite estompées : « la première fois que je me suis retrouvée devant les marmites, j’ai su que je voulais vraiment faire ça ! ». Après un stage d’une semaine auprès d’un fabricant de bière bio implanté à Chaumont-en-Vexin, Frédérique a pu démarrer son activité… À un rythme particulièrement intense. Du mardi au vendredi, elle réalise un brassin par jour. Une opération qui dure entre 8 et 9 heures et lui permet d’obtenir un peu plus de 60 litres de bière. Le lundi, l’auto-entrepreneuse gère la partie administrative et les livraisons. Et le samedi et le dimanche, la brasseuse, qui n’est pourtant « pas du matin », se lève à 5 h pour vendre sa P’tiote sur les marchés de Dieppe et Luneray. Après neuf mois de travail, « je ne regrette pas mon choix, bien au contraire, je m’éclate », assure-t-elle pleine d’entrain, en nettoyant les bidons qui accueilleront le mélange fraîchement sorti des cuves pendant 14 jours, le temps de la fermentation primaire.

En se lançant dans cette nouvelle vie, Frédérique voulait « se rapprocher de la terre » et « s’éloigner du goudron ». Principes qu’elle respecte à la lettre puisque ses locaux sont situés dans un corps de ferme et qu’elle vit à moins de dix mètres de sa brasserie, dans une caravane. Un quotidien un peu rude, auquel elle s’est, malgré tout, bien habituée. « De toute façon, pour l’instant je ne produis pas en assez grande quantité pour pouvoir payer deux loyers », explique-t-elle avec une motivation intacte pour l’avenir.

La néo-Dieppoise ne manque pas de projets : « j’aimerais changer d’endroit pour avoir plus d’espace, mais aussi travailler en circuit fermé, en faisant pousser orge et houblon sur place. Et avoir un tracteur, mon rêve depuis que j’ai quatre ans ! ». Mais pour cela, « il faut être plusieurs », note la brasseuse qui souhaiterait embaucher rapidement et ainsi pouvoir produire plus. La P’tiote a déjà trouvé ses adeptes. La blonde était même en rupture avant les fêtes de Noël. Après les trois saveurs blonde belge, brune anglaise et rousse irlandaise qu’elle propose, Frédérique planche sur d’autres recettes avec des épices différentes qui ne sont pas forcément beaucoup utilisées dans la région. « J’ai envie de mettre ma touche personnelle ». Enfin, grande amatrice de cuisine, elle aimerait animer des cours pour apprendre à réaliser des plats et sauces à la bière. Ou encore faire du pain avec de la bière. Frédérique Adam a envie de « surprendre » ses clients, elle a les atouts pour.

Barbara Huet

Source : http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/4757348/banquiere-a-paris-frederique-adam-est-devenue-brasseuse-a-dieppe

 

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