« Ferme des Bouillons : expulsion confirmée » (Paris-Normandie, 19 décembre 2014)

Passeront-ils un second Noël aux Bouillons ? En tout cas, les occupants de la ferme s’y préparent, même si la cour d’appel de Rouen a confirmé hier le jugement qui ordonnait en octobre 2013 leur expulsion du site qui appartient au groupe Immochan.

La justice n’a pas accordé de délai supplémentaire, comme l’avait demandé l’avocat des Bouillons (lire notre édition du 18 novembre). Par ailleurs, la décision ne mentionne pas d’astreinte. « C’est un problème en moins », positive Philippe Vue, porte-parole de l’association de protection du site.

En alerte

Maintenant il faut partir. Mais vous n’avez rien à payer. Ainsi pourrait se résumer et se traduire l’arrêt de la cour d’appel.

Les défenseurs des Bouillons ne semblent pas craindre cette étape de l’expulsion qui est possible si les autorités administratives le demandent.

« Mais pourquoi la force publique interviendrait-elle, alors que nous avons remis en état des bâtiments, cultivé des champs, que nous gardons l’endroit en bon état ? », s’interrogent les militants.

« Nous restons en alerte avec une chaîne d’urgence pour les fêtes de fin d’année, on se sait jamais », indique sobrement Philippe Vue.

En deux ans, le chemin parcouru par les défenseurs des Bouillons est impressionnant. Immochan, propriétaire des 4 ha rachetés à un agriculteur pour environ 700 000 € en janvier 2012, avait saisi la justice quand un collectif a commencé à occuper les lieux en décembre 2012 pour éviter démolition et bétonnage.

Le site qui était classé en zone à urbaniser est devenu une zone naturelle à protéger, toute construction y est désormais impossible. La voie est libre pour qu’une ferme prenne racine.

Les occupants reconnaissent être dans l’illégalité, mais avancent que leur démarche a rencontré l’adhésion citoyenne. Forts d’un millier d’adhérents et d’un large réseau de sympathisants zadistes, ils ont déjà gagné la première manche. La seconde est en bonne voie.

« Comme Immochan ne peut plus rien construire, nous sommes candidats au rachat des terres. Nous finalisons les démarches pour y installer des maraîchers. Nous ne dévions pas du projet : il faut une ferme ici. Il ne nous manque que l’estimation du terrain par les Domaines. Nous avons lancé une campagne d’épargne citoyenne pour acheter le site », rappelle Philippe Vue.

Ce week-end encore, la ferme sera un bouillon de cultures avec un chantier participatif et un festival de court-métrage.

Sophie BOGATAY

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