« Ferme des Bouillons : Terre de Liens Normandie, médiateur pour la sauvegarde des terres » (Paris Normandie, 3 août 2015)

Ferme des Bouillons. L’association Terre de Liens Normandie se positionne comme médiateur pour la sauvegarde des terres. Entretien.

Ferme des Bouillons : Terre de Liens Normandie, médiateur pour la sauvegarde des terres

Publié le 03/08/2015 á 22H49
Ferme des Bouillons : Terre de Liens Normandie, médiateur pour la sauvegarde des terres
Gaël Louesdon, coordinateurde Terre de Liens Normandie

Créateur et coordinateur de l’association Terre de Liens Normandie, Gaël Louesdon a vécu lui aussi une semaine agitée aux côtés de l’association de protection de la ferme des Bouillons, qui manifestaient hier à Rouen (lire ci-dessous) et de la Confédération paysanne. Il livre son analyse de la situation depuis l’annonce du compromis de vente entre Immochan et une SCI familiale (lire nos éditions précédentes) qui a donné un coup d’accélérateur au dossier.

Paris Normandie : Quel est votre rôle dans les démarches de l’association pour sauvegarder le site ?

Gaël Louesdon : « La mobilisation citoyenne depuis plus de deux ans met en évidence des enjeux sur lesquels Terre de Liens Normandie travaille depuis 2009. Voilà un coup de projecteur sur une problématique, la préservation de la terre, finalement peu connue du grand public. Pour nous la terre est un bien commun et notre rôle est celui d’un médiateur-engagé. À la fois parce que nous accompagnons ceux qui veulent développer un projet agricole mais aussi les collectivités qui s’éveillent tout juste aux questions d’agriculture, d’alimentation et de foncier. »

À ce jour quelles leçons peut-on tirer ?

« Les derniers événements et cette décision d’Immochan de vendre à une SCI ont le mérite de montrer comment fonctionne réellement la gouvernance foncière. Ces mécanismes sont pointus et connus d’un nombre limité d’acteurs et pas assez des communes et des citoyens. Si cette gouvernance est partagée par peu, ces acteurs viennent du milieu agricole, politique, immobilier et commercial. »

Les non initiés ont découvert ce qui se passe à huis clos.

« Il n’y a rien de secret car les décisions sont publiques mais cela se passe dans l’ombre. La Safer n’est pas qu’un outil d’aménagement des exploitations agricoles, elle peut avoir un rôle plus global. »

Et les pouvoirs publics comment sont-ils impliqués ?

« Leur niveau d’engagement est pour l’instant encore minime. Mais le sujet va forcément les concerner après la lutte inaugurale de la ferme des Bouillons. Le vice-président de la Région Claude Taleb a pris position en faveur d’un projet collectif. Pour l’instant la Métropole ne s’est pas fait entendre. Nous souhaitons que tous les acteurs se responsabilisent. »

Le débat s’est-il déplacé de la lutte d’opposition à une étape de construction ?

« Le conflit entre un promoteur et une association a évolué. Il entre dans le débat public. Terre de Liens n’a pas accompagné la première phase d’occupation du site mais depuis qu’un projet de reprise est dans les cartons de l’association via une formule d’épargne citoyenne, nous essayons de rencontrer toutes les parties du dossier, y compris au niveau de l’Etat dont ce pourrait aussi être le rôle de faire de la médiation… »

Que va-t-il se passer avec le projet de l’association ?

 

« Nous voulons aller jusqu’au bout du soutien des citoyens et transformer des protestataires en investisseurs solidaires. Nous avons des outils techniques pour évaluer la viabilité économique mais aussi la viabilité humaine du projet qui s’affiche en lien avec le territoire. Comme futurs propriétaires on va aussi évaluer la qualité du bien, des bâtiments et des terres. Il s’agit de proposer quelque chose de décent. Ce dossier est prêt à passer en commission d’engagement régionale le 3 septembre. »

Sophie Bogatay

 

Source : http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3764512/ferme-des-bouillons–terre-de-liens-normandie-mediateur-pour-la-sauvegarde-des-terres

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