La lettre au père Noël de Théo, petit occupant des Bouillons

Cher père Noël,

Nous y sommes, tu arrives bientôt ! Moi, j’ai fait de mon mieux cette année et avec les copains, on s’amuse de plus en plus. Je crois que c’est grâce à papa et maman. C’est bizarre, depuis qu’on habite à la ferme, ils font un peu les fous.

Tu sais, dans le nord de la France, ils ont construit une usine à lait avec plein de vaches enfermées dedans. Ils veulent produire du méthane « rentable » et du lait. A regarder ces grands hangars, il ne doit pas transpirer le bonheur, le lait ! Des copains qui aiment les vaches et le bon lait n’étaient pas d’accord avec tout ça, alors ils sont allé démonter les machines à traire ! Y en a qui ont eu des problèmes, on voulait les mettre en prison. Alors tous ensemble, ils ont décidé de monter sur des gros tracteurs et depuis Notre-Dame-des-Landes, ils sont allés à Amiens pour le procès de ceux qu’on voulait enfermer. Y en a même qui avaient prêté leur tracteur parce qu’ils ne pouvaient pas venir mais que les leurs étaient mieux. Sur la route, ils sont passés nous faire un coucou. Tu les aurais vu débarquer à la ferme ! Ce soir là, il y avait une discussion avec une professeur-chercheuse qui réfléchit beaucoup à la question de « l’agriculture industrielle ». J’ai pas tout compris mais elle disait que les tracteurs participaient justement à l’industrialisation de l’agriculture. Alors qu’est ce qu’on a ri quand la discussion, très sérieuse, a été interrompue par les klaxons du convoi ! Ce jour là, c’était super parce qu’il y avait aussi des copains de plein d’autres endroits qui eux, avaient fait la route à vélo. Eux aussi étaient partis de Notre-Dame et avec les autres sur les beaux tracteurs, ils s’étaient donné rendez-vous à la ferme. Les retrouvailles et les nouvelles rencontres avaient mis une sacré ambiance !

D’autres de la ferme qui étaient partis dans le sud sont revenus juste après. Là bas, un garçon s’est fait tuer parce qu’il ne voulait pas qu’on rase une forêt. Tout le monde était triste et on voulait faire quelque chose, même moi je voulais embarquer mon doudou et partir faire la révolution ! Les grands eux se sont dit qu’ils allaient réfléchir et faire « quelque chose de bien ». Une semaine plus tard, avec plein d’autres copains, ils sont allé construire des cabanes sur la place du palais de justice. Elles étaient trop bien les cabanes ! Ils ont fait ça avec des palettes, des trucs qui avaient été donné, des clous mais je crois surtout qu’à ce moment là, ils étaient redevenus des enfants. Moi j’ai beaucoup aimé parler avec tous ces gens. Dans la rue ils ont tous l’air un peu pareil avec leur téléphone et leur air sérieux mais en discutant, j’ai compris qu’ils étaient tous différents et super gentils en plus ! Il y en a même qui voulaient me donner du vin chaud, forcément moi j’en ai pas bu, je suis sage. C’était drôle de leur expliquer comment on vit à la ferme, ils posaient pleins de questions et je crois que certains, ben ils avaient l’air de se poser encore plus de question après.

Voilà père Noël, plutôt que de te demander des trucs, je voulais te raconter les derniers mois que j’ai passé cette année. Je ne sais pas si j’ai fait ce qu’il fallait pour mériter quelque chose mais si c’est le cas, je veux bien que tu m’apportes encore plus de copains comme ça l’année prochaine. Je sais pas trop pourquoi on fait tout ça, d’ailleurs y a des grands qui disent que ce qu’on fait ça servira à rien mais moi, je me marre trop et j’apprends énormément !

Ah quand même si, je veux bien te demander un truc. Si tu pouvais faire en sorte qu’il n’y ait pas de mort cette fois, je serai vraiment content.

Je t’envoie une montagne de Bisous !

Théo

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