« La SCI candidate au rachat de la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan s’explique » (Paris Normandie, 31 juillet 2015)

mégard Paris Normandie

Notre mobilisation commence à porter ses fruits. Les mystérieux porteurs de projet qui se sont entendus avec Auchan au coeur de l’été pour nous évincer de la ferme sont obligés de sortir du bois.

Ils maîtrisent parfaitement la langue de bois, mais cela sera-t-il suffisant pour passer outre le formidable mouvement citoyen qui travaille sur place au quotidien depuis bientôt trois ans ? Réponse bientôt, la balle est dans le camp de la préfecture.

La SCI candidate au rachat de la ferme des Bouillons de Mont-Saint-Aignan s’explique

Publié le 31/07/2015 á 23H14

Entretien. Baptiste Mégard sort de l’ombre. Jeune ingénieur agricole de Mont-Saint-Aignan, il veut racheter la ferme avec une SCI familiale.

La SCI candidate au rachat de la ferme des Bouillons de Mont-Saint-Aignan s’explique
Baptiste Mégard (à droite) ingénieur agricole de 25 ans avec son frère Thibault : « Notre projet est respectueux de l’environnement »

Nous ne sommes pas le grand méchant loup. C’est le message de Baptiste Mégard, 25 ans, porteur du projet de renaissance de la ferme des Bouillons, via une SCI (société civile immobilière) signataire d’un compromis de vente avec Immochan, propriétaire du site. Accompagné de son frère Thibault, 34 ans, ce jeune ingénieur agricole de Mont-Saint-Aignan, explique pourquoi et comment il se lance dans cette aventure.

Votre arrivée suscite beaucoup de questions chez les adhérents de l’association qui ont réussi à éviter la démolition et obtenu le classement du site en zone naturelle protégée. Alors qui êtes-vous ?

n Baptiste Mégard : « Nous sommes une famille installée à Mont-Saint-Aignan depuis plusieurs générations. J’ai un diplôme d’ingénieur en agriculture, obtenu à Beauvais en 2012 et j’ai toujours eu en tête l’idée de m’installer. J’ai fait des stages en milieu agricole et je travaille pour Potimarron, le réseau régional de vente de produits de la ferme en circuit court. »

Comment avez-vous procédé pour ce rachat ?

n « On a suivi ce qui se passait aux Bouillons. On en a discuté avec mes frères Thibault et Mathieu, ainsi que mon père, qui ont développé à partir de 2007 une entreprise paysagiste « Œuvre d’arbre », qui emploie aujourd’hui dix salariés. Il y a plusieurs mois, on a contacté Immochan et on a décidé de créer une SCI familiale pour financer le projet. On a tous la même passion pour l’environnement et ça nous a paru naturel. »

Vous avez été très discrets…

n « Vu le contexte, je pense que c’était indispensable de travailler dans l’ombre pour mener à bien les négociations qui ont pris plusieurs mois. On sait que c’est un site sensible. On a établi un business plan sur cinq ans et on a défendu notre projet auprès d’Immochan, des instances agricoles, mais aussi politiques. On veut s’ancrer à long terme dans le territoire de la métropole. »

La formule de SCI inquiète les occupants du site. Que leur répondez-vous ?

n « Si on se lance dans cette aventure, c’est parce qu’on a envie de durer. Ce n’est pas parce qu’on a choisi cette structure juridique de SCI qu’on va vendre dans un an ! On souhaite calmer la polémique sur ce terrain-là. On a senti qu’il pouvait y avoir un malentendu et on vient d’ailleurs d’entrer en contact avec l’association des Bouillons et Terre de Liens pour dissiper cela. Leur combat pour sauver la ferme a porté ses fruits, mais il leur faut accepter de passer à la suite. On ne demande qu’une chose, que tout s’apaise et qu’on nous fasse confiance pour garantir à cette ferme le meilleur avenir possible. Nous pensons que ce projet permet de sortir de la situation actuelle de crise. »

Comment s’articule votre projet ?

n « Il est respectueux de l’environnement et compte trois volets : agricole, social et pédagogique, mais aussi un espace de vente directe ouvert aux producteurs locaux. Nous voulons y faire du maraîchage bio en permaculture, qui est une technique ancestrale et cohérente en milieu urbain. Cela permet de produire beaucoup sur de petites surfaces. Nous développerons une activité de cueillette de petits fruits rouges et maintiendrons un élevage de petits animaux pour faire grandir la biodiversité. Le lieu sera aussi ouvert au public. Nous avons l’ambition de devenir un pôle d’excellence à l’image de ce qui se pratique à la ferme du Bec-Hellouin. »

Et vous démarrez seul ?

« Oui, dans un premier temps, mais l’objectif est à moyen terme de créer de l’emploi. Je sais que la terre c’est dur, une aventure au quotidien et une philosophie de vie. »

sophie bogatay

s.bogatay@presse-normande.com

Source : http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3749849/actualites+economie/la-sci-candidate-au-rachat-de-la-ferme-des-bouillons-de-mont-saint-aignan-s-explique#.VctAB_lMh5Q

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