« Les Bouillons relancent leur marché du samedi à Repainville et préparent l’avenir » (Paris-Normandie, 10 janvier 2016)

Marché des Bouillons à Repainville

Nomades. Sans terre mais toujours bouillonnants, les ex-occupants de la ferme relancent leur marché du samedi aux jardins de Repainville.

 

bouillons-marche-repainvile-janvier2016Les Bouillons ne sont pas morts. Ils sont même heureux de relancer leur marché du samedi aux jardins de Repainville, route de Lyons. « J’ai rapporté de la galette ! » annonce tout sourire Valérie, fidèle au poste.

Même nomades, depuis leur expulsion du site de Mont-Saint-Aignan le 19 août 2015, les militants d’un autre mode de vie n’ont pas perdu la flamme. Ni cette effervescence créative qui leur permet malgré les coups durs de se projeter dans l’avenir. Sans larmes, ni haine.

Une poignée de bénévoles déballe les cagettes de fruits et légumes devant le chalet mis à disposition cet automne par la Ville de Rouen. Le temps de voir venir…

Évidemment, ici on peut payer en agnels (la monnaie locale citoyenne lancée fin 2015) et on échange sur les étapes passées et à venir. Le marché, c’est un espace de retrouvailles pour les sans terre de l’APFB (Association pour la protection de la ferme des Bouillons) qui attendent mercredi 13 janvier le jugement sur la légalité de l’expulsion.

Fin janvier, une assemblée générale posera les bases d’une refondation. L’enjeu est de transformer ce mouvement citoyen de partage de savoir-faire et de cultures alternatives.

Une fête au printemps ?

« C’est vrai que nous n’avons plus ce lieu fédérateur et que c’est compliqué, explique Raphaëlle, une ancienne occupante de la ferme. Après le choc de l’été, il a fallu retrouver une stabilité émotionnelle et un point de chute. Aujourd’hui, je partage une colocation et j’ai intégré un collectif de plasticiens. Les initiatives qui ont germé à la ferme se sont greffées ailleurs. » L’esprit est toujours vivant et redonne de l’élan à d’autres.

Comme des survivants, ceux qui se sont connus à la ferme tentent de garder le contact. Camille, jeune charpentier, a rapporté un fauteuil fait de ses mains. « Je fais partie d’un groupe qui développe des projets autour du bois et je lance une association d’apiculture après avoir découvert les ruches aux Bouillons. »

Après avoir été très mobilisés par le festival Alternatiba, puis la COP 21, ils pensent à une fête du printemps, certes hors les murs, mais sous le chapiteau acheté cet été grâce une souscription. « Il nous reste juste à trouver le lieu pour l’implanter, mais on a des pistes », indique, confiante, Raphaëlle.

SOPHIE BOGATAY

Source : site internet du Paris-Normandie

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