Les locataires, porte 15 !

–> L’œuf ou la poule

Depuis l’arrivée des poules pondeuses, bien timorées en cet hiver glacial que seules viennent réchauffer ces bonnes soupes chaudes aux épices exotiques devenues ô combien fameuses de ce côté-ci de l’Atlantique, les occupants de la ferme philosophent. Ils se demandent qui a commencé, l’œuf ou la poule. Et si c’était la plume ?
Je prends donc ma plume (litote tégumentaire ponctuée d’un brin de nostalgie pour désigner mon clavier d’ordinateur sud-est asiatique) pour traverser les océans et franchir les frontières avec cette légèreté et cette insouciance que seule nous offre la lecture, à la recherche d’une réponse sur les poules. Jules Renard le bien-nommé disait d’ailleurs à propos de la lecture « J’aime à lire comme une poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler »..
Voici que j’atterris en Afrique, dont j’aime la simplicité animale et la force des sages adages, voilà ce que j’entends, « un grain de maïs a toujours tort devant une poule ». Mais tout d’un coup mon attention se porte vers la Bretagne, et le lointain souvenir d’un marin qui ne mâchait pas ses mots, préférant à notre dicton « ne vends pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué » cette poétique et raffinée maxime « ne vends pas les œufs tant qu’ils sont encore dans le cul de la poule ». Mais les bretons ne sont pas les seuls à s’adonner allègrement au plagiat d’apophtegme. Si le vacher normand, fier de ses prairies plus vertes encore que les sous-vêtements d’Eva joly, emploie allègrement la devise « l’herbe paraît toujours plus verte chez le voisin », le berger turc préfère dire que « la poule du voisin nous paraît une oie » ! Pour sûr, les plus gonflés dans le maniement des aphorismes, et je ne dis pas ça en raison de notre rancœur éternelle envers Materazzi, sont bel et bien les italiens. Il n’est peu de peuple plus « haut-parleur » (au sens premier du terme, s’exprimer bruyamment) que les italiens, qui pourtant osent deviser de la sorte « Si la poule se taisait, on laisserait son œuf en paix » .. !!
La morale de ce voyage à travers l’univers des proverbes Gallus gallus domesticus, c’est comme dirait ma grand-mère, « on ne fait pas de bouillon avec une poule maigre », alors turcs, africains, indiens (d’Inde et d’Amérique), canadiens, (pour les bretons ET les italiens, le CA n’a pas encore délibéré..), et surtout Normands, rejoignez nous dans la lutte : c’est avec un nombre dodu de militants qu’on fait bouillonner les Bouillons !!!
Sascha (& D. Langlois pour la première citation !)

 

Une quinzaine de poules sont arrivées dans le poulailler…elles logent à la porte 15 !

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