« Près de Rouen, la ferme des Bouillons en pleine récolte » (Paris-Normandie, 20 juillet 2015)

Un article sur la ferme des Bouillons est paru dans le journal local Paris-Normandie le 20 juillet : à lire ci-dessous ou en cliquant ici.

 

La ferme des Bouillons en pleine récolte

À lLignea ferme, occupée depuis fin 2012, on est en pleine périodede récolte. L’association n’a pas chômé et vise toujours le rachat du site.
Même s’ils sont toujours sous la menace d’une expulsion (pour occupation illégale d’un terrain de 4 hectares appartenant au groupe Immochan) les militants citoyens des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan, tracent leur sillon.

« Jusqu’à présent, on n’a pas eu de problèmes ou de débordements sur le site. On a de vrais soutiens et même de la bienveillance », résume Philippe Vue, vieux routier des combats écolos et président de l’association.

« Oui, on est hors la loi, mais c’est un mouvement citoyen qui veut construire. » Depuis le début de l’occupation, en décembre 2012, l’association se bat avec méthode.

Objectif : rachat
Leur projet de rachat de la ferme est désormais entre les mains de l’association Terre de liens, spécialisée dans ce type d’opération. « On a constitué une amorce de fonds en proposant des parts aux adhérents avec déjà 600 promesses d’épargne citoyenne. Les choses pourraient avancer à la rentrée », annonce-t-il.

« Pour la saison prochaine, on a trouvé un maraîcher professionnel qui n’a pas de terre. On veut créer un espace test agricole bio, un atelier collectif de transformation de produits agricoles, un magasin de producteurs et bien sûr on continuera d’accueillir une pépinière d’associations culturelles. »

Désherber et récolter
Maraichage06.2015Mais la terre, elle, n’attend pas. Samedi après-midi à la ferme, une dizaine d’adhérents s’affairent dans la parcelle mise en culture l’été dernier déjà.
Depuis début juin, il faut remplacer Anthony, le jeune maraîcher qui doit soigner une sérieuse infection.
« Ça tombe mal, mais on prend la relève », indique Philippe Vue, qui met en pratique les slogans participatifs. « On a failli se laisser déborder par les mauvaises herbes dans les plantations. Maintenant, on met les bouchées doubles pour ne rien perdre. C’est vrai qu’aux Bouillons c’est une année de transition. Mais on se bouge. »

Avant leur concert du soir, Gaël et Constant, deux musiciens lillois, ont choisi de jouer de la binette : « On connaît la ferme et on a compris qu’en ce moment il y avait du boulot. Finalement, en une heure, on voit déjà le résultat. Ce n’est pas si ingrat que ça ! »

Serre06.2015Sous la serre, le sauna, devrait-on dire, Marie-Jo, ex-prof de physique-chimie, repasse entre les rangs de haricots. « Ils sont un peu trop gros… mais on ne va pas gâcher. » Elle montre fièrement la culture sur butte, l’arrosage au goutte-à-goutte et file rapporter une cagette à Patricia, qui tient le stand du marché, tous les samedis après-midi avec des légumes à prix riquiqui.

Ce week-end, ils ont même trinqué avec du jus de pomme bio, à l’agrégation de Lucie. « Elle a passé toute l’année ici et a réussi le concours ! », salue le président. Comme quoi aux Bouillons, il n’y a pas que des courgettes qui poussent, mais aussi des têtes bien faites.

Sophie Bogatay

 

Source : Paris-Normandie

 

Photos : Robin Letellier

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