« Souscription pour les Bouillons » (Paris Normandie, 3 juin 2014)

Souscription pour les Bouillons

 

Nouvelle étape pour les occupants des Bouillons. L’association de protection de la ferme propose à tous ceux qui se sentent concernés par le maintien d’une agriculture de proximité de racheter des parts du site de quatre hectares.

Cette campagne de souscription lancée samedi lors d’une traditionnelle fête de la Tambouille se traduit par « une promesse d’apport, pas un engagement au sens strict », expliquent Philippe Vue et Philippe Airaud, coprésidents de l’association.

En effet, le lieu est toujours la propriété du groupe Immochan qui en a fait l’acquisition et a obtenu un permis de démolir. Mais au terme d’une mobilisation citoyenne, les terrains ont été reclassés en zone naturelle protégée par l’ancienne municipalité de gauche et sont désormais devenus inconstructibles.

Un projet solidaire

« Nous ne savons pas ce que sera l’avenir, mais déjà nous imaginons des solutions. Et dans les pistes étudiées, il y a cette formule de promesse d’achat de parts, au cas où le propriétaire serait prêt à négocier. »

La part a été fixée à 103 €, correspondant à l’achat de 6 m², et en cas de vente, cette promesse d’apport sera alors effective.

L’association forte de 700 adhérents et d’une pétition de sauvegarde de 6 000 signatures, propose d’investir dans un projet solidaire en se basant sur une estimation du site autour de 700 000 €. Pour l’instant ce n’est qu’un engagement moral de contribution pour que l’association puisse compter ses forces. « Avec la foncière Terre de Liens, une société d’économie sociale et solidaire qui collecte de l’épargne auprès des citoyens, associations ou entreprises pour enrayer la disparition des terres agricoles et réduire les difficultés d’accès au foncier, nous pourrons alors engager définitivement l’achat des terres. »

Aux Bouillons, la solidarité c’est depuis plus de dix-huit mois de la débrouille presque professionnelle.

Le champ de patates de l’an passé a été planté avec haricots secs, poireaux, oignons, etc. Les tomates, courges, herbes aromatiques poussent sous une serre en partie récupérée, sous l’œil d’Anthony, arrivé en septembre dernier et qui accueille volontiers les curieux.

Le projet des Bouillons est à la fois simple et compliqué. « Immochan a fait une demande de recours gracieux auprès de la municipalité pour s’opposer au classement en zone naturelle », annonce Philippe Vue. L’association a défendu sa cause auprès de la nouvelle maire, Catherine Flavigny. « Si la Ville reclasse le site en zone à urbaniser, comment pourra-t-elle refuser une prolongation du permis de démolir qui arrive à échéance en juillet ? Et ce, alors que pendant la campagne municipale, la candidate s’était prononcée pour une préservation des bâtiments d’intérêt architectural et historique… » Le feuilleton n’est pas fini.

sophie bogatay

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