Un an sur la route, à pied, à la rencontre des Alternatives

Les pieds douloureux après dix jours de marche, ils savourent leur étape à la ferme des Bouillons. C’est que leur route est encore longue : partis de région parisienne le 1er janvier, Guillaume et Léa, 24 et 25 ans, marcheront pendant un an pour un tour de France à pied, à la rencontre des « alternatives ».

Ils ont conscience que leur idée est « un peu folle ». Mais après des études dans le secteur de la solidarité internationale et une première expérience professionnelle, le désenchantement n’a pas tardé à poindre. Dans leur ligne de mire : l’organisation du travail « par projet », ses exercices de langue de bois et sa logique qui oblige à prévoir dans les moindres détails le déroulement et les résultats d’une action… avant même de l’avoir démarrée. Décidés à ne pas subir, ils ont donc fait le choix fort de « prendre le temps de faire les choses autrement ».
« On s’est demandés par où commencer, et on s’est dit qu’il nous fallait voir et faire connaître les manières de faire qui vont a contrario du système », témoigne Léa. « On va beaucoup recevoir de la part de ceux qui nous accueilleront, c’est donc une manière pour nous de donner en échange » ajoute Guillaume, dont la vision anthropologique paraît plus proche de Marcel Mauss que des auteurs libéraux qui sont encore aujourd’hui l’armature de l’idéologie dominante. « Les gens qui nous suivent via notre blog, notre famille, nos proches, découvrent pour la plupart ce milieu, et leur curiosité est réelle ».
Impliqués dans l’organisation d’Alternatiba Lille, ils ont aussi côtoyé Emmanuel Daniel, journaliste et auteur d’un « Tour de France des Alternatives » qui les a inspiré. Mais pourquoi faire ce tour à pied ? Pour Guillaume, « c’est une manière de revoir les notions de temps et d’espace. Un trajet qui prendrait une demi-heure en voiture nous demandera deux ou trois jours de marche ». « C’est aussi une manière de découvrir des régions qu’on ne connaît pas » ajoute Léa. « J’ai très souvent fait la route entre Poitiers et les Yvelines en voiture, sans jamais rien voir des territoires qu’il y a entre ces deux endroits. L’autoroute, c’est un tunnel. Faire la route à pied permet de voir les paysages et de rencontrer des gens… ». « Même si en hiver on ne rencontre pas grand-monde ! » rigole Guillaume.

Définitivement fâchés avec la gestion par projet et la planification, ils n’ont bouclé leur programme que jusqu’au mois d’octobre, date à laquelle ils comptent avoir rallié Grenoble. Leur prochaine étape-alternative sera pour nos amis de Studio D, dans le marais Vernier… après quelques nuitées de bivouac dans les boucles de la Seine.
Pour suivre leur périple, les encourager ou faire un bout de chemin avec eux sur la route des alternatives, consultez donc leur blog et envoyez leur un petit message !

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